Aller au contenu principal
Fermer

Venezuela: embrassades dans la liesse au retour d'un prisonnier politique amnistié
information fournie par AFP 27/02/2026 à 14:36

Reinardo Murillo accueilli chez lui par sa famille à son retour chez lui à San Fernando de Apure, le 26 février 2026,  après sa libération en vertu d'une loi d'amnistie au Venezuela ( AFP / Federico PARRA )

Reinardo Murillo accueilli chez lui par sa famille à son retour chez lui à San Fernando de Apure, le 26 février 2026, après sa libération en vertu d'une loi d'amnistie au Venezuela ( AFP / Federico PARRA )

Dès sa descente de camionnette, Reinardo Morillo est assailli par ses deux fils qui l'étreignent, heureux de l'accueillir devant sa maison décorée de ballons après sa libération de prison au Venezuela.

Il fait partie des dizaines de personnes libérées en vertu de la loi d'amnistie adoptée sous pression américaine par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, après la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier.

"Cet amour familial, cette liberté n'ont pas de prix. Vive le Venezuela libre", dit à l'AFP, larmes aux yeux, ce père de famille libéré après un an d'incarcération, au milieu de la foule qui l'asperge d'une mousse festive.

"Bienvenue à la maison", proclame une banderolle à l'entrée du domicile familial où flottent des ballons aux couleurs jaune, bleu et rouge du Venezuela, pendant que l'hymne vénézuélien retentit dans un haut-parleur.

Des habitants dancent le "Joropo" pendant les traditionnelles "fêtes de l Alma Llanera" à San Fernando de Apure, dans l'ouest du Venezuela, le 26 février 2026 ( AFP / Federico PARRA )

Des habitants dancent le "Joropo" pendant les traditionnelles "fêtes de l Alma Llanera" à San Fernando de Apure, dans l'ouest du Venezuela, le 26 février 2026 ( AFP / Federico PARRA )

Car au-delà de la liesse de son quartier, toute la ville de San Fernando de Apure (ouest) est en fête à l'occasion d'un festival annuel.

Cet inspecteur de la police scientifique, âgé de 41 ans, avait été arrêté le 30 septembre 2024 à Guasdualito, à quelque six heures de route de San Fernando.

Il avait été accusé de trahison, de terrorisme, de conspiration et de collaboration avec un ancien chef de la police en exil dans le but de renverser le président Nicolás Maduro aujourd'hui déchu.

Sa famille est certaine que Reinardo Morillo a été victime de représailles pour avoir enquêté sur une affaire impliquant les redoutables services de contre-espionnage.

Son épouse, Grecia Arana, 34 ans, a organisé la réception pour lui, deux jours après l'avoir retrouvé à la sortie de la prison Rodeo I, dans la banlieue de Caracas. Elle a dormi près d'un mois dans un campement improvisé avec d'autres familles de prisonniers politiques devant la prison.

Flanqué de ses deux garçon, âgés de 11 et 13 ans, qui ne le lâchent pas, Reinardo Morillo raconte que depuis sa libération, il a simplement pris la main de Grecia Arana et s'est laissé guider, tout à l'émotion de la liberté retrouvée.

- "Le combat continue" -

Reinardo Morillo retrouve ses enfants chez lui à San Fernando de Apure, dans l'ouest du Venezuela, le 26 février 2026, après sa libération en vertu de la loi d'amnistie ( AFP / Federico PARRA )

Reinardo Morillo retrouve ses enfants chez lui à San Fernando de Apure, dans l'ouest du Venezuela, le 26 février 2026, après sa libération en vertu de la loi d'amnistie ( AFP / Federico PARRA )

Dans les minutes précédents l'arrivée de la camionnette ramenant M. Morillo chez lui, les habitants du quartier 9 de Diciembre avait mis au point une mise en scène pour l'accueillir : les enfants devant la bannière, la famille derrière munie de ballons blancs marqués de messages personnels au marqueur.

Peine perdue. Les enfants se sont mis à courir vers la camionnette dès qu'ils l'ont aperçue. L'hymne s'entendait mal et la bannière est restée derrière.

"Quelle surprise !", s'exclame M. Morillo qui n'arrête pas de tendre les bras pour embrasser les voisins et les membres de sa famille qui se pressent autour de lui.

Il parle peu de sa disparition en captivité, ni du moment où il a apprit qu'il allait être libéré. Sa famille était restée neuf mois sans nouvelles. "Je dois d'abord partager (ces instants) avec ma famille pur ensuite exprimer d'autres émotions", dit-il.

Gracie Arana est la porte-parole de la famille, et sait se comporter devant les caméras, n'hésitant pas à scander des slogans.

"Vive la liberté, vive le Venezuela !", crie-t-elle dans le cortège.

"Même si mon mari est à la maison (...) le combat continue", déclare-t-elle. "Il reste encore beaucoup de personnes là-bas, beaucoup d'innocents, et tant que le dernier ne sera pas sorti, mon combat ne s'arrêtera pas."

- "Famille unie" -

Reinardo Morillo retrouve ses enfants chez lui à San Fernando de Apure, dans l'ouest du Venezuela, le 26 février 2026, après sa libération en vertu de la loi d'amnistie ( AFP / Federico PARRA )

Reinardo Morillo retrouve ses enfants chez lui à San Fernando de Apure, dans l'ouest du Venezuela, le 26 février 2026, après sa libération en vertu de la loi d'amnistie ( AFP / Federico PARRA )

M. Morillo a bénéficié de l'amnistie, approuvée par le Parlement la semaine dernière, après sa promulgation par la présidente Delcy Rodríguez sous la pression de Washington.

Au total, 217 personnes ont été libérées jusqu'à jeudi, selon le Parlement. L'ONG Foro Penal regrette des libérations au compte-gouttes, estimant qu'il y a encore plus de 500 prisonniers "politiques" dans les geôles vénézuéliennes.

"Je remercie Dieu que mon père soit ici, sain et sauf, et que nous puissions à nouveau former une famille unie", confie Rey Isnardo, l'aîné des fils de Reinardo Morillo, tandis que qu'une femme chante au micro et que la fête s'étire jusqu'à la tombée de la nuit.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • A l’entrée du défilé Tod’s à Milan, des artisans réalisent des articles en cuir et des broderies "Made in Italy", le 27 février 2026 ( AFP / MIGUEL MEDINA )
    information fournie par AFP 27.02.2026 19:50 

    Jeudi, à l’entrée du défilé Tod’s à Milan, des artisans en blouses blanches réalisaient minutieusement les articles en cuir et de broderie "Made in Italy" qui ont fait la renommée de l’entreprise – et du pays. Mais lors de cette Fashion Week qui a débuté mardi, ... Lire la suite

  • Le leader de la France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, lors d'un meeting de campagne du candidat LFI tête de liste aux élections municipales de Lyon, le 26 février 2026 à Lyon ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )
    information fournie par AFP 27.02.2026 19:12 

    Loin de jouer la carte de l'apaisement, Jean-Luc Mélenchon a réveillé le procès en antisémitisme qui lui est fait, après avoir ironisé sur la prononciation du nom "Epstein" jeudi à Lyon. Ce qu'il a vigoureusement réfuté, en dénonçant une "manipulation médiatique". ... Lire la suite

  • L'administrateur de la Nasa Jared Isaacman durant une conférence de presse au Kennedy Space Center à Cap Canaveral en Floride, le 27 février 2026 ( AFP / Miguel J Rodriguez Carrillo )
    information fournie par AFP 27.02.2026 19:03 

    La Nasa a annoncé vendredi bouleverser ses plans de retour sur la Lune en ajoutant une mission lunaire habitée supplémentaire avant l'envoi d'astronautes sur la surface lunaire, aujourd'hui toujours prévu pour 2028. Ce changement abrupt dans le programme Artémis ... Lire la suite

  • Des équipes de médias rassemblés devant une salle de Chappaqua dans l'Etat de New York où une commission parlementaire s'apprête à entendre l'ancien président Bill Clinton sur ses liens avec le criminel sexuel  février Jefferey Epstein, le 27 février 2026 ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
    information fournie par AFP 27.02.2026 18:30 

    L'ex-président américain Bill Clinton a assuré vendredi n'avoir "eu aucune idée des crimes" sexuels commis par son ancien ami Jeffery Esptein, devant la commission d'enquête parlementaire qui l'interroge sur ses liens passés avec le financier. "Je n'ai rien vu ... Lire la suite

Pages les plus populaires